1. Le Service des poursuites pénales du Canada – Un aperçu

Le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) est un organisme poursuivant indépendant et responsable dont l’objectif principal est de mener des poursuites relevant de la compétence fédérale, sans influence indue et dans le respect de l’intérêt public. Le SPPC a été créé le 12 décembre 2006 lors de l’entrée en vigueur de la Loi sur le directeur des poursuites pénales, qui constitue la partie 3 de la Loi fédérale sur la responsabilité.

Mandat

La Loi sur le directeur des poursuites pénales énonce le mandat du SPPC. Aux termes de la Loi, le directeur des poursuites pénales (DPP) exerce les attributions suivantes :

La Loi sur le directeur des poursuites pénales confère également au DPP le pouvoir :

Sauf en ce qui a trait à la Loi électorale du Canada, le procureur général du Canada peut donner au DPP des directives au sujet d’une poursuite en particulier ou prendre en charge une poursuite, mais ces directives doivent être données par écrit et publiées dans la Gazette du Canada. Le DPP, quant à lui, doit informer le procureur général de toute poursuite ou de toute intervention qu’il se propose de faire, soulevant d’importantes questions d’intérêt général.

Mission et valeurs

L’énoncé de mission et de valeurs du SPPC pose les principes fondamentaux essentiels qui guident l’organisation.

Mission

La mission du SPPC est de servir le public :

Valeurs

Au sein du SPPC, nous nous inspirons des valeurs suivantes pour remplir notre mandat.

Attributions et directives

En 2010–2011, le procureur général du Canada n’a assigné au DPP aucune attribution, il ne lui a donné aucune directive, et il n’a pris en charge aucune poursuite.

Rôles et responsabilités

Le SPPC est un service de poursuite et non un organisme d’enquête. Il intente les poursuites relatives aux infractions portées à la suite d’une enquête par un organisme d’application de la loi en rapport avec une contravention à une loi fédérale. L’indépendance des organismes chargés de l’application de la loi, face à la fonction de poursuite, est un principe bien établi dans le système canadien de justice pénale. Toutefois, une coopération bilatérale entre enquêteurs et poursuivants est essentielle, plus particulièrement dans le contexte des cas lourds et complexes. Le SPPC offre donc souvent, à l’étape de l’enquête, des conseils juridiques et une aide aux agents d’application de la loi.

Dans tous les territoires et toutes les provinces, sauf au Québec et au Nouveau-Brunswick, le SPPC se charge de toutes les poursuites en matière de drogues prévues à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, peu importe le corps policier ayant mené l’enquête. Au Québec et au Nouveau-Brunswick, le SPPC ne se charge que des poursuites en matière de drogues résultant d’enquêtes menées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Dans l’ensemble des provinces et territoires, le SPPC intente les poursuites relatives aux infractions aux termes de lois fédérales, notamment la Loi de l’impôt sur le revenu, la Loi sur les pêches, la Loi sur l’accise, la Loi sur les douanes, la Loi électorale du Canada, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, la Loi sur la marine marchande du Canada et la Loi sur la concurrence; ou à une tentative ou un complot en vue d’y contrevenir. En tout, plus de 250 lois fédérales prévoient des infractions pour lesquelles le SPPC a la compétence nécessaire pour mener une poursuite. Toutefois, le SPPC n’est appelé à offrir régulièrement des services de poursuite qu’en vertu d’une soixantaine de ces lois.

Le SPPC est responsable des poursuites pour toute infraction au Code criminel dans les territoires. Dans les provinces, le SPPC a compétence pour instituer des poursuites relativement à un certain nombre d’infractions prévues au Code criminel, y compris les infractions liées au terrorisme, aux organisations criminelles, au blanchiment d’argent, aux produits de la criminalité et à la fraude. En vertu d’ententes avec les provinces, le SPPC peut également se charger des poursuites pour des infractions prévues au Code criminel, qui relèveraient autrement de la compétence des provinces, lorsque l’accusé fait aussi l’objet d’accusations relevant de la compétence fédérale.

Rôle du poursuivant

Les poursuivants jouent un rôle clé dans l’appareil de justice pénale canadien. Les cours et le public ont des attentes élevées à leur égard. Le rôle des poursuivants, de nature quasi judiciaire, a été décrit par la Cour suprême du Canada comme une responsabilité du « ministre de la Justice », qui oblige les procureurs à faire preuve d’objectivité, d’indépendance et de réserve. Les poursuivants doivent veiller à ce que des poursuites soient engagées dans tous les cas où il est justifié de le faire et mener ces poursuites avec compétence, diligence et équité. Ils doivent démontrer une intégrité absolue, être au-dessus de tout soupçon de favoritisme et exercer le pouvoir discrétionnaire considérable qui leur est conféré de façon équitable, de bonne foi et sans égard aux répercussions politiques de leurs décisions. Ils n’ont pas comme rôle d’obtenir une déclaration de culpabilité à tout prix, mais de présenter au tribunal tous les éléments de preuve existants, pertinents et admissibles qui permettront au tribunal d’établir la culpabilité ou l’innocence d’un accusé.

L’organisation

Au 31 mars 2011, le SPPC comptait 958 employés à la grandeur du Canada – dont la majorité était des procureurs. Outre les procureurs permanents, le SPPC a retenu les services d’environ 224 cabinets du secteur privé, ou 535 avocats, à titre de mandataires.

L’administration centrale du SPPC est située à Ottawa, mais l’organisation possède un réseau de bureaux locaux et régionaux répartis partout au Canada. Certains des procureurs permanents du SPPC travaillent dans les locaux du Bureau de la concurrence dans la région de la capitale nationale et d’autres avec des Équipes intégrées d’application de la loi partout au pays.

Structure organisationnelle

Structure organisationnelle

Partenaires

Ministère de la Justice du Canada

Bien que le SPPC soit un organisme indépendant, il entretient d’étroites relations avec le ministère de la Justice du Canada. Les procureurs du SPPC consultent les avocats du ministère de la Justice dans des domaines comme les droits de la personne, le droit constitutionnel, le droit autochtone et le droit public.

Le SPPC continue de dépendre du ministère de la Justice pour plusieurs services administratifs transactionnels.

Dans les territoires du Canada, le SPPC offre des services administratifs transactionnels au ministère de la Justice.

Organismes d’enquête

Un aspect important du mandat du SPPC est la prestation de conseils aux organismes chargés de l’application de la loi dans le cadre des enquêtes qu’ils mènent. Ainsi, lorsque les corps policiers et autres organismes d’enquête demandent la participation précoce et continue des procureurs lors d’enquêtes importantes ou au cours de la mise en œuvre de programmes nationaux d’application de la loi, ils bénéficient de conseils juridiques qui leur permettent de décider de la meilleure façon de faire respecter la loi.

Les avocats du SPPC fournissent des conseils sur des questions comme la divulgation exigée par la loi et aident aux fins de l’obtention d’ordonnances de collecte d’éléments de preuve, notamment des autorisations d’écoute électronique et des ordonnances de production d’éléments de preuve.

Provinces

La compétence en matière de poursuites criminelles est partagée entre les gouvernements fédéral et provinciaux. De cette responsabilité partagée découle le besoin de coopération et de coordination dans l’application du droit pénal. Afin d’assurer une application efficace de la loi, le SPPC et les services de poursuites provinciaux ont pris des dispositions qui permettent à ces derniers de poursuivre les infractions relevant de leur compétence, tout en s’occupant des accusations « mineures » qui normalement relèvent de la compétence de l’autre service de poursuites. Par conséquent, le SPPC peut, avec le consentement et au nom du procureur général d’une province, instituer une poursuite pour une infraction prévue au Code criminel relevant de la compétence d’une province, lorsque l’infraction est associée à une accusation principale fédérale. De même, les services de poursuites provinciaux peuvent mener des poursuites relatives à des infractions fédérales lorsqu’elles sont en lien avec une infraction primaire commise en contravention du Code criminel. La délégation ne vise que la conduite des poursuites. Le service de poursuites déléguant la conduite de la poursuite conserve la haute main sur la poursuite et sur les décisions importantes concernant l’affaire.

Projet Divide

Le « Zig Zag Crew » était un gang contrôlé par les Hells Angels. À la suite de l’enquête de 14 mois menée par l’Unité intégrée de lutte contre le crime organisé du Manitoba (constituée de policiers municipaux, de policiers de la GRC et de civils) à l’égard des activités criminelles du Zig Zag Crew, 37 personnes ont été arrêtées et accusées.

Trois des accusés ont pris des engagements de ne pas troubler l’ordre public en vertu de l’article 810.01 du Code criminel, et ont donc été mis en liberté. Les 34 autres personnes ont été accusées de diverses infractions criminelles, y compris le trafic de substances contrôlées et le complot en vue de faire le trafic de substances contrôlées, le trafic d’armes à feu, le complot en vue de blanchir des produits de la criminalité et la participation à une organisation criminelle. En date du 31 mars 2011, 30 accusés ont plaidé coupable aux diverses infractions et ont été condamnés à des peines d’emprisonnement allant de 18 mois à neuf ans. Quatre accusés sont encore devant les tribunaux.


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